Pour lancer un concept en médecine, c'est toujours mieux d'avoir un acronyme, un logo, une abréviation sympathique, facile à retenir. Regardez la PISA par exemple, aurait-elle eu autant de succès si elle s'était appelée "la-Pâte-Ronde-à-la-Tomate-avec-n'Importe-quoi-Dessus, et-Paradoxalement-Parfois-Des-Ananas" ou PRTIDPPDA?
Ainsi donc le concept du "Rétrécissement aortique serré à bas gradient et FEVG conservée" à la vie dure. Pourtant âprement et talentueusement décrit et défendu par les Drs Dumesnil et Pibarot (qui ont inventé le RAC, avant même que la valve aortique n'existe sous sa forme actuelle), le voici la cible d'une nouvelle attaque de Viking dans le Circulation du 01/03/2011 :
Outcome of Patients With Low-Gradient "Severe" Aortic Stenosis and Preserved Ejection Fraction.
Il s'agit d'une analyse (rétrospective) des données prospectives de l'étude SEAS qui a prouvé l'inutilité (une fois de plus...) de l'association ezetimibe-simvastatine dans la sténose aortique non serrée. Sur les 1525 patients inclus, ont été conservés 619 patients, qui ont été séparés en RAC moyennement serré (184 patients, surface entre 1 et 1.5 cm²) et RAC serré (435 patients, surface valvulaire < 1cm²) et bas gradient (gradient moyen < 40 mmHg).
Pour faire court, il n'y pas de différence sur le critère primaire (décès, remplacement valvulaire aortique, insuffisance cardiaque liée au RAC) entre les deux groupes. Même dans le sous groupe RAC serré- bas gradient- et volume d'éjection bas (< 35 ml/m²), le pronostic est identique.
Les implications de cet article sont potentiellement énoOOoormes, et l'éditorialiste, le Dr Zoghbi (bien pronnoncer le "g") n'hésite pas (en tout cas, il ne m'a pas fait part de ses hésitations), à titrer : "time to refine the Guidelines?". Il propose de revenir à une définition du RAC serré pour une surface inférieure ou égale à 0.8 cm², soit 0.45 cm²/m².
Le concept du RAC en bas débit, bas gradient, malgré une FEVG conservée est-il encore viable?
Plusieurs remarques :
- La prévalence de ce type de RAC est habituellement dans la littérature entre 15 et 25% des RAC, il est ici de 29% d'une population globale déjà sélectionnée de RAC non serrés.
- Les RAC serrés à bas gradient sont certes définis sur l'aire valvulaire, le gradient et le volume d'éjection indexé, mais aussi à l'aide
* du ratio paroi/cavité < 0.47, or il n'est qu'à 0.36 dans la population de l'article,
* du volume télédiastolique indexé doit être inférieur à 55ml/m², il est à 63 dans la population de l'article,
* de l'impédance valvulo-artérielle, qui n'est pas disponible (analyse rétrospective des données)
Il y a donc de bonnes chances que parmi les RAC à surface < à 1cm² et bas gradient de cette étude, il y est un joyeux mélange d'erreur de mesure, de RAC serré et de RAC non serré. Enfin, le taux d'évènement fait frémir pour une population de RAC non serré, à 25% d'événements aortiques à 46 mois (décès, remplacement valvulaire aortique, insuffisance cardiaque liée au RAC).
Pour conclure, je crois encore à la possibilité d'un RAC serré en bas débit avec FEVG conservée, mais cet article nous pousse un peu dans nos retranchements, et il faut être particulièrement rigoureux avant de confier ces patients aux chirurgiens (ou au TAVI), en s'assurant que les symptômes sont bien imputables au RAC (BPCO, coronaropathie etc...) et qu'il n'y pas d'erreur de mesure (diamètre de l'anneau, sous estimation du gradient etc...)
En attendant les prochaines recommandations, qu'en pensez vous?
Il s'agit d'un blog concernant l'échographie cardiaque. Vous y trouverez des cas cliniques, des fautes d'orthographes, des palmarès de demandes d'échographies... incongrues, etc... Toute participation est évidemment la bienvenue, qu'elle soit sous forme de commentaire ou de cas cliniques, (anonymes, pour les cas cliniques...). Le but est de discuter! A bientôt, Philippe
Affichage des articles dont le libellé est echocardiographie. Afficher tous les articles
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mercredi 16 mars 2011
dimanche 13 mars 2011
Petit coup de pression
C'est un vielle calcification mitrale sténosante, avec une hypertension pulmonaire chronique (Ventricule Droit hypertrophié et dilaté). Un énorme anévrisme du septum inter auriculaire se retrouve à devoir choisir son camp, et choisi de bomber dans l'oreillette droite, probablement parce que la pression y est malgré tout plus basse.
En coupe apicale des 4 cavités :
Untitled from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
En sous costal, on devine déjà un foramen ovale perméable, mais il n'y a pas de flux décelé à l'état basal :
En inspiration profonde, la donne change, la Pression dans l'oreillette droite devient supérieure à celle de l'oreillette gauche, et la grenouille plus grosse que le boeuf. C'est à ce moment précis que le foramen ovale s'ouvre, et la fuite tricuspide s'engouffre dans l'oreillette gauche!
Une fuite tricuspide dans l'oreillette gauche, une fuite mitrale dans l'oreillette droite, c'est à n'y plus rien comprendre!
En coupe apicale des 4 cavités :
Untitled from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
En sous costal, on devine déjà un foramen ovale perméable, mais il n'y a pas de flux décelé à l'état basal :
En inspiration profonde, la donne change, la Pression dans l'oreillette droite devient supérieure à celle de l'oreillette gauche, et la grenouille plus grosse que le boeuf. C'est à ce moment précis que le foramen ovale s'ouvre, et la fuite tricuspide s'engouffre dans l'oreillette gauche!
Une fuite tricuspide dans l'oreillette gauche, une fuite mitrale dans l'oreillette droite, c'est à n'y plus rien comprendre!
dimanche 6 mars 2011
A net on the net
"Le réseau de Chiari est une structure fenestrée filamenteuse avec un mouvement ondulant qui part de la partie inféro-latérale de l’oreillette droite et s’étend au septum interauriculaire dans la région du limbus de la fosse ovale. La différence entre la valve d’Eustachi et le réseau de Chiari est la nature fenestrée de ce dernier."
OK Constantin, tu gagnes trois électrodes autocollantes à usage unique pour brancher l'ECG. La preuve sur cette vidéo où l'on voit nettement l'insertion au pied de la veine cave inférieure, en fenêtre sous costale :
Untitled from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Ceci dit, ça aurait pu être une végétation, comme dans cette vidéo d'endocardite à Candida sur cathéter central :
végétation KTC-OD from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Ou bien encore un thrombus flottant, comme ici.
Ben non, c'est juste un réseau, "a Chiari network" in english.
(if you want to learn more).
OK Constantin, tu gagnes trois électrodes autocollantes à usage unique pour brancher l'ECG. La preuve sur cette vidéo où l'on voit nettement l'insertion au pied de la veine cave inférieure, en fenêtre sous costale :
Untitled from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Ceci dit, ça aurait pu être une végétation, comme dans cette vidéo d'endocardite à Candida sur cathéter central :
végétation KTC-OD from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Ou bien encore un thrombus flottant, comme ici.
Ben non, c'est juste un réseau, "a Chiari network" in english.
(if you want to learn more).
jeudi 3 mars 2011
Qouiiiiiiiiiizzzzzzzz
Allez hop, un petit quizz, c'est quoi donc?
Pas de piège, c'est Jean Paul qui trouve cette image dans l'oreillette droite, dans un bilan de "possible-suspicion-d'accident-neurologique-transitoire-régressif-rapidement-avant-le-début-des-symptômes" cher à nos collègues neurologues.
Untitled from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Qu'en pensez vous?
PS : Non, il n'y a pas de KT dans la veine cave supérieure.
Pas de piège, c'est Jean Paul qui trouve cette image dans l'oreillette droite, dans un bilan de "possible-suspicion-d'accident-neurologique-transitoire-régressif-rapidement-avant-le-début-des-symptômes" cher à nos collègues neurologues.
Untitled from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Qu'en pensez vous?
PS : Non, il n'y a pas de KT dans la veine cave supérieure.
dimanche 27 février 2011
Ah! Saint Chronisme, priez pour nous...
A l'heure ou une méta-analyse plaide pour une implantation des pacemakers de resynchronisation (CRT) chez de patients à FEVG altérées mais en classe 1 et 2 de la NYHA, une controverse est publiée dans Circulation sur l'intérêt de la recherche d'asynchronisme (en particulier grâce à l'échocardiographie) pour sélectionner les patients.
Ce sont les Dr Delgado et JJ Bax, qui plaident le "pour", ce même Bax signataire de PROSPECT, qui pourtant a porté un coup dur à la recherche d'asynchronisme par l'échocardiographie… La controverse est rédigée par les Drs Sung et Foster.
Comme souvent dans ce type de discussion, ils ne sont finalement pas en total désaccord.
Les limites de PROSPECT ont déjà largement été discutées, il s'agit, entre autre, de la très mauvaise reproductibilité des mesures échographies.
Mais il persiste encore de nombreuses questions :
1) Qu'est ce qu'un répondeur (Impression subjective du patient, Classe NYHA, remodelage VG avec diminution de plus de 15% du volume télésystolique du VG à 6 mois, ou diminution de la mortalité sur des études randomisées?). La diminution du volume télésystolique du VG est elle un bon marqueur intermédiaire du pronostic vital?
2) Environ 30% des patients sélectionnés sur la durée du QRS sont "non répondeurs".
3) A bloc de branche gauche "égal", la séquence d'activation électrique du VG peut-être très différente selon la cause du BBG, il est illusoire d'espérer resynchroniser tous les patients sur ce seul critère.
4) Enfin si 60% des patients désynchronisés ont un BBG, 40% ont des QRS de moins de 100 msec, et bénéficieraient (peut-être) d'un CRT.
5) La présence d'une cicatrice d'infarctus est à pendre en compte, et l'IRM est actuellement le meilleur examen pour apprécier l'étendue et la transmuralité de la nécrose. Les patients présentant de larges séquelles transmurales sont souvent non répondeurs.
6) La position des sondes est également importante, et il est probable que chaque patient est une position "idéale" de la sonde gauche, qui est à définir en fonction des séquelles d'infarctus (rôle de l'IRM), du type de désynchronisation (rôle de l'écho) et de l'anatomie du sinus coronaire et des veines (rôle du TDM ou de l'angiographie du sinus)…
En conclusion, les techniques d'évaluation de l'asynchronisme ne sont pas assez mûres, surtout les études ne sont pas assez robustes pour sélectionner les patients désynchronisés à QRS fins qu'il faut implanter d'un CRT ( Cf. RethinQ trial), ou pour priver d'un CRT les patients décrits "non désynchronisés" malgré des QRS larges.
Il ne faut pour autant pas jetez le bébé avec l'eau du bain. De nombreuses (petites) études ont montrées une influence de la désynchronisation sur le pronostic après implantation et les outils pour progresser ne manquent pas. L'utilisation du speckle tracking, si possible sur une acquisition tridimensionnelle (qui permet d'avoir toutes les information simultanées sur un cycle), de la cartographie tridimensionnelle, mais aussi de l'IRM, ou encore de la scintigraphie, voire d'une combinaison de ces examens, sera probablement intéressante à l'avenir. Il faudra définir le type de désynchronisation, puis s'assurer de la faisabilité de cette resynchronisation (séquelle fibreuse, anatomie du sinus et des veines coronaires).
Une fois le CRT implanté et optimisé, les chances d'avoir plus de "répondeurs" seront probablement plus élevée (pour peu que l'on trouve un accord sur le point N°1…).
Ce sont les Dr Delgado et JJ Bax, qui plaident le "pour", ce même Bax signataire de PROSPECT, qui pourtant a porté un coup dur à la recherche d'asynchronisme par l'échocardiographie… La controverse est rédigée par les Drs Sung et Foster.
Comme souvent dans ce type de discussion, ils ne sont finalement pas en total désaccord.
Les limites de PROSPECT ont déjà largement été discutées, il s'agit, entre autre, de la très mauvaise reproductibilité des mesures échographies.
Mais il persiste encore de nombreuses questions :
1) Qu'est ce qu'un répondeur (Impression subjective du patient, Classe NYHA, remodelage VG avec diminution de plus de 15% du volume télésystolique du VG à 6 mois, ou diminution de la mortalité sur des études randomisées?). La diminution du volume télésystolique du VG est elle un bon marqueur intermédiaire du pronostic vital?
2) Environ 30% des patients sélectionnés sur la durée du QRS sont "non répondeurs".
3) A bloc de branche gauche "égal", la séquence d'activation électrique du VG peut-être très différente selon la cause du BBG, il est illusoire d'espérer resynchroniser tous les patients sur ce seul critère.
4) Enfin si 60% des patients désynchronisés ont un BBG, 40% ont des QRS de moins de 100 msec, et bénéficieraient (peut-être) d'un CRT.
5) La présence d'une cicatrice d'infarctus est à pendre en compte, et l'IRM est actuellement le meilleur examen pour apprécier l'étendue et la transmuralité de la nécrose. Les patients présentant de larges séquelles transmurales sont souvent non répondeurs.
6) La position des sondes est également importante, et il est probable que chaque patient est une position "idéale" de la sonde gauche, qui est à définir en fonction des séquelles d'infarctus (rôle de l'IRM), du type de désynchronisation (rôle de l'écho) et de l'anatomie du sinus coronaire et des veines (rôle du TDM ou de l'angiographie du sinus)…
En conclusion, les techniques d'évaluation de l'asynchronisme ne sont pas assez mûres, surtout les études ne sont pas assez robustes pour sélectionner les patients désynchronisés à QRS fins qu'il faut implanter d'un CRT ( Cf. RethinQ trial), ou pour priver d'un CRT les patients décrits "non désynchronisés" malgré des QRS larges.
Il ne faut pour autant pas jetez le bébé avec l'eau du bain. De nombreuses (petites) études ont montrées une influence de la désynchronisation sur le pronostic après implantation et les outils pour progresser ne manquent pas. L'utilisation du speckle tracking, si possible sur une acquisition tridimensionnelle (qui permet d'avoir toutes les information simultanées sur un cycle), de la cartographie tridimensionnelle, mais aussi de l'IRM, ou encore de la scintigraphie, voire d'une combinaison de ces examens, sera probablement intéressante à l'avenir. Il faudra définir le type de désynchronisation, puis s'assurer de la faisabilité de cette resynchronisation (séquelle fibreuse, anatomie du sinus et des veines coronaires).
Une fois le CRT implanté et optimisé, les chances d'avoir plus de "répondeurs" seront probablement plus élevée (pour peu que l'on trouve un accord sur le point N°1…).
vendredi 11 février 2011
De l'importance d'être constant(in)
Il est beau, il est fort, et il a gagner un tube de gel pour écho.
Oui Constantin, c'est bien une infiltration lipomateuse du septum inter auriculaire. La métastase intra cardiaque était une hypothèse, dans ce contexte. Cependant l'échogénicité (la graisse est hyper echogène en echo, voir ici), le caractère non circulant, et le respect des structures adjacentes (fosse ovale, Veine cave supérieure, et veine pulmonaire supérieure droite), éliminent a piori une tumeur maligne. Pour preuve, voici un scanner de 2008 de la même patiente, ou la masse est déjà présente, sans aucun facteur évolutif. L'analyse scannographique confirme la nature graisseuse.
Mais comment expliquer qu'une dégénérescence lipomateuse du SIA intéresse également la paroi latérale et le toit de l'OD?
Il s'agit d'une dégénérescence impliquant le crista terminalis, ce résidu embryonnaire situé au pied de la veine cave supérieure. Dans cet article mexicain et gratuit, deux cas similaires sont décrits.
Comme quoi, on peut avoir 4 hémocs positives à Staph, une néoplasie évolutive, une détresse respiratoire, et une tumeur bégnine de l'oreillette droite!
Oui Constantin, c'est bien une infiltration lipomateuse du septum inter auriculaire. La métastase intra cardiaque était une hypothèse, dans ce contexte. Cependant l'échogénicité (la graisse est hyper echogène en echo, voir ici), le caractère non circulant, et le respect des structures adjacentes (fosse ovale, Veine cave supérieure, et veine pulmonaire supérieure droite), éliminent a piori une tumeur maligne. Pour preuve, voici un scanner de 2008 de la même patiente, ou la masse est déjà présente, sans aucun facteur évolutif. L'analyse scannographique confirme la nature graisseuse.
Mais comment expliquer qu'une dégénérescence lipomateuse du SIA intéresse également la paroi latérale et le toit de l'OD?
Il s'agit d'une dégénérescence impliquant le crista terminalis, ce résidu embryonnaire situé au pied de la veine cave supérieure. Dans cet article mexicain et gratuit, deux cas similaires sont décrits.
Comme quoi, on peut avoir 4 hémocs positives à Staph, une néoplasie évolutive, une détresse respiratoire, et une tumeur bégnine de l'oreillette droite!
dimanche 30 janvier 2011
Echocardiocoronarographie
C'est encore une histoire d'œdème pulmonaire chez une patiente aux lointains antécédents de pontages coronaires.
La fonction VG est bonne, malgré l'hypokinésie inférieure, comme en témoigne cette coupe apicale deux cavités avec injection de contraste :
Untitled from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Quid de la perméabilité des pontages?
L'artère inter-ventriculaire antérieure (IVA) est bien visible dans sa portion apicale :
Et, avec l'aide d'un peu de contraste, on aperçoit même l'anastomose du pontage mammaire-IVA :
En Doppler, dans le pontage, un joli flux à prédominance diastolique :
OK, vous allez me dire qu'il reste deux ou trois branches coronaires à vérifier pour que ce soit véritablement pertinent. Mais c'est un début...
La fonction VG est bonne, malgré l'hypokinésie inférieure, comme en témoigne cette coupe apicale deux cavités avec injection de contraste :
Untitled from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Quid de la perméabilité des pontages?
L'artère inter-ventriculaire antérieure (IVA) est bien visible dans sa portion apicale :
Et, avec l'aide d'un peu de contraste, on aperçoit même l'anastomose du pontage mammaire-IVA :
Untitled from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
En Doppler, dans le pontage, un joli flux à prédominance diastolique :
OK, vous allez me dire qu'il reste deux ou trois branches coronaires à vérifier pour que ce soit véritablement pertinent. Mais c'est un début...
mardi 18 janvier 2011
Ça sert à quoi l'cochonnet si t'as pas les boules ?
Depuis le 25/03/2010, le même cas clinique tourne en boucle sur le site echowebline.
Sur le site de la SFC, un cas clinique de 2008 assez similaire, dans un cas il s'agit d'un kyste sanguin, dans l'autre d'une varice cardiaque, contenant du sang, bref, j'en déduis que ce doit être la même pathologie. Ces deux cas sont très bien illustrés, et voilà plusieurs mois que je revisite régulièrement les sites pour ne pas manquer les prochains.
Durant cette longue attente, j'ai repensé à deux patients présentant eux même des boules pour décorer leur anneau mitral, qui m'avaient laissé perplexe.
Avec l'aide de Gégé qui range les DVD comme personne (mais alors vraiment comme personne!), les voilà pour vous.
Le premier est un bilan d'AVC, la masse est appendue à l'appareil sous valvulaire mitral et présente des mouvements indépendants des cordages, elle est hyperechogène et perlée en périphérie, bref, j'avais conclu à un fibroélastome.
Patient 1 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Le second est une découverte fortuite, au cours d'une ETO pré choc pour de la fibrillation auriculaire. L'anneau mitral est calcifié, et en coupe transgastrique grand axe en ETO, on aperçoit deux masses, cette fois semblant vides d'echo, qui suivent les mouvements de la mitrale :
Patient 2 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Patient 2 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Un fibroélastome dans les cordages, pourquoi pas (comme dans cet article par exemple), mais deux??? Des varices?
Cette fois, je n'aurais pas de réponse formelle, aussi je compte sur vos avis! Qu'en pensez vous?
Sur le site de la SFC, un cas clinique de 2008 assez similaire, dans un cas il s'agit d'un kyste sanguin, dans l'autre d'une varice cardiaque, contenant du sang, bref, j'en déduis que ce doit être la même pathologie. Ces deux cas sont très bien illustrés, et voilà plusieurs mois que je revisite régulièrement les sites pour ne pas manquer les prochains.
Durant cette longue attente, j'ai repensé à deux patients présentant eux même des boules pour décorer leur anneau mitral, qui m'avaient laissé perplexe.
Avec l'aide de Gégé qui range les DVD comme personne (mais alors vraiment comme personne!), les voilà pour vous.
Le premier est un bilan d'AVC, la masse est appendue à l'appareil sous valvulaire mitral et présente des mouvements indépendants des cordages, elle est hyperechogène et perlée en périphérie, bref, j'avais conclu à un fibroélastome.
Patient 1 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Le second est une découverte fortuite, au cours d'une ETO pré choc pour de la fibrillation auriculaire. L'anneau mitral est calcifié, et en coupe transgastrique grand axe en ETO, on aperçoit deux masses, cette fois semblant vides d'echo, qui suivent les mouvements de la mitrale :
Patient 2 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Patient 2 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Un fibroélastome dans les cordages, pourquoi pas (comme dans cet article par exemple), mais deux??? Des varices?
Cette fois, je n'aurais pas de réponse formelle, aussi je compte sur vos avis! Qu'en pensez vous?
mercredi 22 décembre 2010
It's the Muppet show!
Pour terminer cette année 2010, une Insuffisance mitrale en ETO 3D (what else?).
De nouveau, il s'agit d'une patiente ayant un antécédent de rhumatisme articulaire aigu dans l'enfance, hospitalisée pour un œdème pulmonaire. Cette fuite est difficile à quantifier en ETT, elle parait moyenne, avec deux jets distincts, de direction quasi orthogonale.
En ETO, les feuillets sont discrètement épaissis; l'anneau n'est ni calcifié, ni dilaté; et il n'y a pas de prolpasus.
Et pourtant, ça fuit...
IM post RAA- ETO transgastrique grand axe from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
En 3d, (vue "chirurgicale" de l'oreillette gauche habituelle, aorte en haut, auricule à droite) on est d'emblée frappé par la déformation de l'anneau, qui semble aplati sur la commissure antérieure.
Les deux feuillets sont "tractés" vers le ventricule, par le raccourcissement des cordages (le plan de coaptation se situe très en dessous de l'anneau).
La valve ferme au milieu, mais les deux commissures (et surtout l'antérieure) restent ouvertes (et donc fuyantes).
Il s'agit donc d'une fuite rhumatismale, par restriction des deux feuillets, déformation de l'anneau et défaut de coaptation bi-commissurale.
eto 3d- vue auriculaire from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Diastole :
Systole (noter l'absence de coaptation dans les zones commissurales):
Avant de regarder ce que ça donne dans la vue ETO 3d coté ventriculaire, je vous suggère de lancer la vidéo ci dessous :
Puis de faire un click droit "loop is off" pour laisser tourner la boucle:
eto 3d- vue ventriculaire from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Bonne année à tous,
plein de bonnes ondes ultra sonores,
et à l'année prochaine!
De nouveau, il s'agit d'une patiente ayant un antécédent de rhumatisme articulaire aigu dans l'enfance, hospitalisée pour un œdème pulmonaire. Cette fuite est difficile à quantifier en ETT, elle parait moyenne, avec deux jets distincts, de direction quasi orthogonale.
En ETO, les feuillets sont discrètement épaissis; l'anneau n'est ni calcifié, ni dilaté; et il n'y a pas de prolpasus.
Et pourtant, ça fuit...
IM post RAA- ETO transgastrique grand axe from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
En 3d, (vue "chirurgicale" de l'oreillette gauche habituelle, aorte en haut, auricule à droite) on est d'emblée frappé par la déformation de l'anneau, qui semble aplati sur la commissure antérieure.
Les deux feuillets sont "tractés" vers le ventricule, par le raccourcissement des cordages (le plan de coaptation se situe très en dessous de l'anneau).
La valve ferme au milieu, mais les deux commissures (et surtout l'antérieure) restent ouvertes (et donc fuyantes).
Il s'agit donc d'une fuite rhumatismale, par restriction des deux feuillets, déformation de l'anneau et défaut de coaptation bi-commissurale.
eto 3d- vue auriculaire from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Diastole :
Systole (noter l'absence de coaptation dans les zones commissurales):
Avant de regarder ce que ça donne dans la vue ETO 3d coté ventriculaire, je vous suggère de lancer la vidéo ci dessous :
Puis de faire un click droit "loop is off" pour laisser tourner la boucle:
eto 3d- vue ventriculaire from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Bonne année à tous,
plein de bonnes ondes ultra sonores,
et à l'année prochaine!
Savez vous implémenter des choux?
Dans les derniers congrès chics, la mode est à "l'implémentation".
La première fois que j'ai entendu ce terme, j'ai pensé à une faute de français de l'orateur, pauvre de moi (trop la honte, graâââÂÂaaave...)
Dans mon vieux dictionnaire Larousse, on n'implémente rien du tout!
Mais sur le Larousse en ligne, on implémente avec un naturel déconcertant:
"Implémentation : nom féminin (anglais : implementation) Mise en place sur un ordinateur d'un système d'exploitation ou d'un logiciel adapté aux besoins et à la configuration informatique de l'utilisateur".
Cette patiente présente un œdème pulmonaire brutal, et l'échographie cardiaque trans-thoracique décèle une fuite mitrale difficile à évaluer mais paraissant sévère, ainsi qu'une forte hypertension pulmonaire.
En ETO 2D, sur la coupe passant par P1, A2 et P3, on distingue un prolapsus de P3 avec un petit cordage rompu (à gauche de l'écran), responsable de la fuite.
Prolaspus P3 -ETO 2d from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Implémentons l'ETO 3D (Oh! J'adore! C'est trop snob d'implémenter...)
Prolapsus p3 ETO 3D from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Valve ouverte :
Valve fermée (enfin presque, car le P3 et son cordage prolabent)
On distingue toujours le prolapsus de P3 (cette fois à droite de l'écran, sur cette vue "chirurgicale" de la mitrale : auricule à droite, aorte en haut, commissure postérieure à droite de l'écran). Mais on prend la mesure de l'énorme calcification de l'anneau mitrale, quasi circonférentielle, qui ne paraissait pas franchement évidente en 2D...
Si on implémente la coronarographie (c'est encore de l'informatique, puisque c'est numérisé, non?), on confirme que l'anneau mitral est TRES calcifié, que la fuite est sévère, et que la fonction VG est bonne...
Coro-Calcification annulaire mitrale from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Untitled from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Si on se résume, l'implémentation du 3D sur cette valvulopathie mitrale permet de préciser la calcification annulaire, sa topographie exacte, avec une bonne concordance avec la ventriculographie. Cette information est cruciale pour le chirurgien (et pour la patiente!). Elle permet également de confirmer la topographie du prolaspus, (même si le diagnostic en ETO 2D est relativement univoque).
Et bien voilà, j'ai utilisé mon nouveau mot 10 fois dans le même billet, je crois que je me suis bien rattrapé, non?
La première fois que j'ai entendu ce terme, j'ai pensé à une faute de français de l'orateur, pauvre de moi (trop la honte, graâââÂÂaaave...)
Dans mon vieux dictionnaire Larousse, on n'implémente rien du tout!
Mais sur le Larousse en ligne, on implémente avec un naturel déconcertant:
"Implémentation : nom féminin (anglais : implementation) Mise en place sur un ordinateur d'un système d'exploitation ou d'un logiciel adapté aux besoins et à la configuration informatique de l'utilisateur".
Cette patiente présente un œdème pulmonaire brutal, et l'échographie cardiaque trans-thoracique décèle une fuite mitrale difficile à évaluer mais paraissant sévère, ainsi qu'une forte hypertension pulmonaire.
En ETO 2D, sur la coupe passant par P1, A2 et P3, on distingue un prolapsus de P3 avec un petit cordage rompu (à gauche de l'écran), responsable de la fuite.
Prolaspus P3 -ETO 2d from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Implémentons l'ETO 3D (Oh! J'adore! C'est trop snob d'implémenter...)
Prolapsus p3 ETO 3D from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Valve ouverte :
Valve fermée (enfin presque, car le P3 et son cordage prolabent)
On distingue toujours le prolapsus de P3 (cette fois à droite de l'écran, sur cette vue "chirurgicale" de la mitrale : auricule à droite, aorte en haut, commissure postérieure à droite de l'écran). Mais on prend la mesure de l'énorme calcification de l'anneau mitrale, quasi circonférentielle, qui ne paraissait pas franchement évidente en 2D...
Si on implémente la coronarographie (c'est encore de l'informatique, puisque c'est numérisé, non?), on confirme que l'anneau mitral est TRES calcifié, que la fuite est sévère, et que la fonction VG est bonne...
Coro-Calcification annulaire mitrale from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Untitled from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Si on se résume, l'implémentation du 3D sur cette valvulopathie mitrale permet de préciser la calcification annulaire, sa topographie exacte, avec une bonne concordance avec la ventriculographie. Cette information est cruciale pour le chirurgien (et pour la patiente!). Elle permet également de confirmer la topographie du prolaspus, (même si le diagnostic en ETO 2D est relativement univoque).
Et bien voilà, j'ai utilisé mon nouveau mot 10 fois dans le même billet, je crois que je me suis bien rattrapé, non?
lundi 13 décembre 2010
Qu'est ce qu'un échographe?
"What is an Echo machine?", c'est la question posée par le Dr Kimura, dans le numéro 12 du JASE. Non pas qu'il ne connaisse pas la réponse (à voire sa liste de publication, cela parait assez improbable), mais l'arrivée sur le marché d'appareils d'échographie ultra-portables, vendus par les constructeurs comme des "stéthoscopes ultrasonores" va nécessairement bousculer le microcosme de la cardiologie non invasive.
La première interrogation, (comme souvent aux US), est d'ordre financière. Le coût de ces échographes est entre 10 000 et 50 000 dollars, ce qui est très en dessous des prix des échographes portables actuels. Leur diffusion risque donc d'être assez rapide, et pourrait généraliser un concept peu connu des américains, celui de "l'échoscopie". Ce "petit coup d'œil" échographique est très peu répandu (moins de 2% des ETT aux USA) puisque les échos sont réalisées par des techniciens, souvent avec une demande très succincte du clinicien. Il n'y a donc pas de modalité de remboursement de l'échoscopie, et l'impact financier de cette pratique reste à définir, pour les praticiens comme pour les caisses d'assurance maladie.
Mais la question la plus intéressante reste "qu'attendons nous réellement d'une échographie cardiaque?". Ces appareils constituent une évolution majeure ("a disruptive technologie"), que l'auteur compare aux appareils photos numériques embarqués sur les téléphones portables. Pas de branchement, allumage immédiat, l'information est disponible partout (cabinet de consultation, SAMU, urgences, réanimations...). Cependant cette information est très, très, inférieure à la somme des informations obtenues par un échographe portable usuel: seule l'échographie bidimensionnelle et Doppler couleur est disponible à ce jour.
La "bonne utilisation" de ces appareils (maintenant qu'ils sont là, ils faut bien les utiliser!) serait donc le cadre de l'urgence, qui met en valeur l'immédiateté de la réponse, à une question nécessairement simple : épanchement péricardique, épanchement pleural, aorte abdominale etc...
Les "ultra portables" doivent donc devenir des "assistants ultrasonores" à l'examen clinique, et non des échographes destinés à remplacer l'examen habituel, au risque de perdre la qualité d'une échographie cardiaque, telle qu'elle est réalisée actuellement.
L'auteur conclue par cette métaphore : si nous utilisons tous l'appareil photo de notre téléphone, nous n'engagerions pas un photographe professionnel qui ferait de même...
La première interrogation, (comme souvent aux US), est d'ordre financière. Le coût de ces échographes est entre 10 000 et 50 000 dollars, ce qui est très en dessous des prix des échographes portables actuels. Leur diffusion risque donc d'être assez rapide, et pourrait généraliser un concept peu connu des américains, celui de "l'échoscopie". Ce "petit coup d'œil" échographique est très peu répandu (moins de 2% des ETT aux USA) puisque les échos sont réalisées par des techniciens, souvent avec une demande très succincte du clinicien. Il n'y a donc pas de modalité de remboursement de l'échoscopie, et l'impact financier de cette pratique reste à définir, pour les praticiens comme pour les caisses d'assurance maladie.
Mais la question la plus intéressante reste "qu'attendons nous réellement d'une échographie cardiaque?". Ces appareils constituent une évolution majeure ("a disruptive technologie"), que l'auteur compare aux appareils photos numériques embarqués sur les téléphones portables. Pas de branchement, allumage immédiat, l'information est disponible partout (cabinet de consultation, SAMU, urgences, réanimations...). Cependant cette information est très, très, inférieure à la somme des informations obtenues par un échographe portable usuel: seule l'échographie bidimensionnelle et Doppler couleur est disponible à ce jour.
La "bonne utilisation" de ces appareils (maintenant qu'ils sont là, ils faut bien les utiliser!) serait donc le cadre de l'urgence, qui met en valeur l'immédiateté de la réponse, à une question nécessairement simple : épanchement péricardique, épanchement pleural, aorte abdominale etc...
Les "ultra portables" doivent donc devenir des "assistants ultrasonores" à l'examen clinique, et non des échographes destinés à remplacer l'examen habituel, au risque de perdre la qualité d'une échographie cardiaque, telle qu'elle est réalisée actuellement.
L'auteur conclue par cette métaphore : si nous utilisons tous l'appareil photo de notre téléphone, nous n'engagerions pas un photographe professionnel qui ferait de même...
mercredi 8 décembre 2010
La danse du ventricule : réponse (et nouvelles questions...)
Bon, en réponse à ce billet, la coronographie est normale.
IVA en OAG :
Comme Fred, j'ai eu du mal à acheter l'anarchi-désynchronisation (réponse 1) d'emblée du fait de l'akinésie antérieur en apicale des 2 cavités.
J'ai un ami qui s'habille toujours en noir, et qui a un syndrome d'apnée du sommeil si sévère, qu'il est appareillé jour et nuit. C'est un philosophe, et il me dit souvent : "Don't underestimate the Force, Philippe".
La force de la désynchronisation est inestimable. Chez cette patiente, il y avait, outre les troubles de cinétique, une désynchronisation intra VG et interventriculaire, avec une désynchronisation auriculo ventriculaire comme cerise sur le gâteau. Finalement, comme souvent, la patiente avait raison. Elle n'a pas besoin de cardiologue, puisqu'elle n'est pas malade!
IVA en OAG :
Comme Fred, j'ai eu du mal à acheter l'anarchi-désynchronisation (réponse 1) d'emblée du fait de l'akinésie antérieur en apicale des 2 cavités.
J'ai un ami qui s'habille toujours en noir, et qui a un syndrome d'apnée du sommeil si sévère, qu'il est appareillé jour et nuit. C'est un philosophe, et il me dit souvent : "Don't underestimate the Force, Philippe".
La force de la désynchronisation est inestimable. Chez cette patiente, il y avait, outre les troubles de cinétique, une désynchronisation intra VG et interventriculaire, avec une désynchronisation auriculo ventriculaire comme cerise sur le gâteau. Finalement, comme souvent, la patiente avait raison. Elle n'a pas besoin de cardiologue, puisqu'elle n'est pas malade!
vendredi 3 décembre 2010
La danse du ventre (icule)
Petit quiz pour détendre l'atmosphère après ce billet un peu enflammé sur l'écho de stress...
Une patiente âgée, tabagisme actif à 60 paquets années et la bronchite chronique qui va avec, ainsi que l'artérite des membres inférieurs.
Demande d'échographie : "bilan pré-op".
-Vous avez des antécédents cardiologiques?
-Non!
-Mais... Vous avez un Pace Maker!
-Ah oui...
-Donc vous avez un Cardiologue?
-Ah non!
Et voici le ventricule gauche en échographie.
D'abord, l'ambiance musicale :
Cheb shrek (dour biha ya chibani)
envoyé par krimo68. - Regardez la dernière sélection musicale.
Puis le ventricule gauche en 4 cavités :
Et en deux cavités:
Quelle description feriez vous?
Suggestion de présentation :
1- Ventricule anarchi-désynchronisé par la stimulation cardiaque
2- Séquelle dyskinétique d'infarctus antéro-septo-apicale et septum dyskinétique sur stimulation
3- Cardiomyopathie de stress, sans stress, avec troponine normale (difficile ça...)
4- VG normal, à confronter au scanner et à l'IRM (après extraction du pace maker...)
5- Examen à contrôler sur un machine plus performante, à distance de l'épisode chronique, après passage en ACFA (un peu too much, mais ça se tente...)
Une patiente âgée, tabagisme actif à 60 paquets années et la bronchite chronique qui va avec, ainsi que l'artérite des membres inférieurs.
Demande d'échographie : "bilan pré-op".
-Vous avez des antécédents cardiologiques?
-Non!
-Mais... Vous avez un Pace Maker!
-Ah oui...
-Donc vous avez un Cardiologue?
-Ah non!
Et voici le ventricule gauche en échographie.
D'abord, l'ambiance musicale :
Cheb shrek (dour biha ya chibani)
envoyé par krimo68. - Regardez la dernière sélection musicale.
Puis le ventricule gauche en 4 cavités :
VG bizarre 4 cav from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Et en deux cavités:
VG bizarre 2 cavités from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Quelle description feriez vous?
Suggestion de présentation :
1- Ventricule anarchi-désynchronisé par la stimulation cardiaque
2- Séquelle dyskinétique d'infarctus antéro-septo-apicale et septum dyskinétique sur stimulation
3- Cardiomyopathie de stress, sans stress, avec troponine normale (difficile ça...)
4- VG normal, à confronter au scanner et à l'IRM (après extraction du pace maker...)
5- Examen à contrôler sur un machine plus performante, à distance de l'épisode chronique, après passage en ACFA (un peu too much, mais ça se tente...)
vendredi 26 novembre 2010
L'angoisse du gardien de but au moment du penalty...
Jeune garçon, parce que je n'aimais pas la bibliothèque rose (trop nulle!), et que je me planquais pendant la récréation pour lire au lieu de jouer au foot avec les camarades, je m'imaginais être un littéraire. Aussi avais-je emprunté à la bibliothèque cet étrange roman, auquel je ne compris absolument rien. Pourtant le titre est très fort...
Au moment du penalty, (du moins pour ce que j'en sais), le goal s'avance un peu hors de sa "cage", non? Et en quelque secondes, il peut être fusillé, mort pour le sport, ou devenir un héros. Évidemment c'est un peu tragique, mais je trouve ça plus beau que de "quitter l'aventure" sur un vote SMS...
Dans un bilan de cardiopathie emboligène (infarctus rénal), l'échographie trans-thoracique décèle rapidement ce qui semble être un thrombus de l'oreillette gauche :
Grand axe :
Untitled from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Petit axe :
Untitled from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
En ETO 3d, dans la vue chirurgicale habituelle, l'aorte est en haut, la mitrale en dessous, l'auricule à droite de l'écran, et le thrombus, comme notre gardien de but, est juste devant l'auricule (c'est d'ailleurs ce qui le rend visible en ETT) :
thrombus OG ETO 3d from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Sur ces coupes du volume 3D centrées sur le thrombus, il apparait clairement qu'il ne s'agit pas d'un thrombus de l'auricule mais de l'oreillette, chez un patient ayant par ailleurs un auricule fin, avec des vélocités de vidanges normales, mais une dilatation bi-auriculaire.
thrombus OG-slices from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Si nous avions vu ce patient avant son épisode embolique, en FA chronique, avec un score de CHADS2 (ou de CHA2DS2-VASc) à 0, combien d'entre nous l'aurait anticoagulé???
Angoissant, non?
mercredi 17 novembre 2010
A tous ceux qui pensent que je suis un psychopathe de l'échographie cardiaque...
J'ai trouvé mes maîtres... Il sont autrichiens, et surtout ils sont à fond!
Le lien de leur blog est dans la colonne de droite.
Tenez le coup jusqu'au bout, le cas clinique est assez incroyable!
Le lien de leur blog est dans la colonne de droite.
Tenez le coup jusqu'au bout, le cas clinique est assez incroyable!
dimanche 7 novembre 2010
The Crossroads
The Crossroads, c'est LA légende du Blues. On raconte que pour bien jouer de la guitare, il faut aller à la croisée des chemins et attendre. Là, avec un peu de chance, vous rencontrerez le Diable : si vous acceptez de lui vendre votre âme, alors vous deviendrez un grand guitariste de blues.
Clapton, ici avec Cream, a du se vendre à bon prix. (Personnellement, je n'ai pas du attendre assez longtemps, mais je n'ai vu personne).
Eric Clapton and Cream: Crossroads 1968
Allen | Myspace Video
Le thrombus arrivant à la croisée des chemins trouve ici un petit passage, et en profite pour occasionner une embolie pulmonaire massive et une ischémie aiguë du membre supérieur droit. Sur cette coupe 4 cavités zoomée sur les oreillettes, on distingue le thrombus coincé dans le Foramen ovale, juste sous l'anevrisme du septum inter auriculaire.
Untitled from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Il est extrêmement mobile, et semble s'engager dans la valve mitrale à chaque diastole sur cette coupe 2 cavités...
Untitled from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
La conduite à tenir devant un "thrombus en transit" n'est pas très claire, mais il s'agit souvent d'embolie pulmonaire massive avec instabilité hémodynamique. Les recommandations ESC 2008 précisent que la thrombolyse est possible, mais que la chirurgie est classiquement proposée, avec cependant un niveau d'évidence assez faible...
Lorsque nous avons présenté ce cas à notre chirurgien, la dysfonction VD aiguë l'a effrayé, (la circulation extra corporelle n'ayant pas la réputation d'aider les ventricules droits défaillants), nous avons donc opté pour la thrombolyse. On reproche à la thrombolyse de fragmenter le caillot et d'éventuellement aggraver le tableau. De plus, la présence d'un Accident Vasculaire Cérébral par embolie paradoxale est toujours possible, or c'est une conte-indication à la thrombolyse.
Pourtant, la thrombolyse s'est parfaitement bien déroulée, et le thrombus à disparu en 48 heures, l'ischémie aiguë a régressée durant la perfusion.
Le passage, lui, reste ouvert...
Clapton, ici avec Cream, a du se vendre à bon prix. (Personnellement, je n'ai pas du attendre assez longtemps, mais je n'ai vu personne).
Eric Clapton and Cream: Crossroads 1968
Allen | Myspace Video
Le thrombus arrivant à la croisée des chemins trouve ici un petit passage, et en profite pour occasionner une embolie pulmonaire massive et une ischémie aiguë du membre supérieur droit. Sur cette coupe 4 cavités zoomée sur les oreillettes, on distingue le thrombus coincé dans le Foramen ovale, juste sous l'anevrisme du septum inter auriculaire.
Untitled from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Il est extrêmement mobile, et semble s'engager dans la valve mitrale à chaque diastole sur cette coupe 2 cavités...
Untitled from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
La conduite à tenir devant un "thrombus en transit" n'est pas très claire, mais il s'agit souvent d'embolie pulmonaire massive avec instabilité hémodynamique. Les recommandations ESC 2008 précisent que la thrombolyse est possible, mais que la chirurgie est classiquement proposée, avec cependant un niveau d'évidence assez faible...
Lorsque nous avons présenté ce cas à notre chirurgien, la dysfonction VD aiguë l'a effrayé, (la circulation extra corporelle n'ayant pas la réputation d'aider les ventricules droits défaillants), nous avons donc opté pour la thrombolyse. On reproche à la thrombolyse de fragmenter le caillot et d'éventuellement aggraver le tableau. De plus, la présence d'un Accident Vasculaire Cérébral par embolie paradoxale est toujours possible, or c'est une conte-indication à la thrombolyse.
Pourtant, la thrombolyse s'est parfaitement bien déroulée, et le thrombus à disparu en 48 heures, l'ischémie aiguë a régressée durant la perfusion.
Le passage, lui, reste ouvert...
lundi 18 octobre 2010
Insuffisance mitrale triple action
Il s'agit d'un patient sans antécédent cardiologique connus, hospitalisé pour une œdème pulmonaire. On note un souffle d'insuffisance mitrale important, et sur l'ECG, un aspect QS en D1 et Avl, évoquant une séquelle de nécrose latérale haute. L'échographie trans-thoracique confirme l'importance de la fuite mitrale, mais le mécanisme est difficile à préciser, et pour cause, il y en à trois!
La classification du Pr Carpentier décrit trois mécanismes d'insuffisance mitrale, chacun nécessitant une correction adaptée.
Le type 1 : mobilité normale des feuillets, et donc dilatation de l'anneau, ou perforation d'un feuillet.
Le type 2 : Prolapsus d'un feuillet
Le type 3 : restriction d'un feuillet
Première étape :
Le ventricule gauche, en échographie bidimensionnelle traditionnelle, la séquelle de nécrose ne parait pas évidente :
VG 4 cavités from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Après injection de contraste, il existe incontestablement une séquelle des 2/3 basaux de la paroi latérale. Le pilier latéral est en bordure de la zone nécrosé, ce qui est responsable d'une restriction du feuillet postérieur. Le VG est par ailleurs globuleux et il existe également un certain degré de restriction avec un signe de la mouette sur le feuillet antérieur. Il s'agit donc d'un type 3.
VG 4 cavités contraste from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Mais il ya aussi un prolapsus de A2 (donc un type 2) :
Vue 3D dite "chirurgicale", aorte en haut, auricule au gauche de l'écran, grande valve en haut avec un prolapsus médian et petite valve en bas :
Mitrale 3D from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Enfin, on note une dilatation et surtout une déformation importante de l'anneau (donc plutôt un type 1), qui est quasiment rond. Sur cette reconstruction tridimensionnelle de l'anneau en télésystole, les zones de restrictions paraissent en bleues, la zone prolabant (A2) est jaune. l'aorte est en haut, AL est la commissure antero-latérale.
En conclusion, si le mécanisme de cette volumineuse fuite n'est pas évident en ETT, c'est qu'il fait intervenir 3 notions difficiles à appréhender en 2D:
- la petite valve discrètement restrictive,
- le prolapsus dégénératif de A2, minoré par la traction exercée par le VG globuleux
- et la déformation de l'anneau.
Sur cette reconstruction 3D, on peut voir, dans le cadre en bas à droite, le petit carré bleu qui correspond au plan de l'anneau. Seul le A2 est au plan de l'anneau, le reste des feuillets sont en dessous, confirmant la restriction.
La classification du Pr Carpentier décrit trois mécanismes d'insuffisance mitrale, chacun nécessitant une correction adaptée.
Le type 1 : mobilité normale des feuillets, et donc dilatation de l'anneau, ou perforation d'un feuillet.
Le type 2 : Prolapsus d'un feuillet
Le type 3 : restriction d'un feuillet
Première étape :
Le ventricule gauche, en échographie bidimensionnelle traditionnelle, la séquelle de nécrose ne parait pas évidente :
VG 4 cavités from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Après injection de contraste, il existe incontestablement une séquelle des 2/3 basaux de la paroi latérale. Le pilier latéral est en bordure de la zone nécrosé, ce qui est responsable d'une restriction du feuillet postérieur. Le VG est par ailleurs globuleux et il existe également un certain degré de restriction avec un signe de la mouette sur le feuillet antérieur. Il s'agit donc d'un type 3.
VG 4 cavités contraste from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Mais il ya aussi un prolapsus de A2 (donc un type 2) :
Vue 3D dite "chirurgicale", aorte en haut, auricule au gauche de l'écran, grande valve en haut avec un prolapsus médian et petite valve en bas :
Mitrale 3D from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Enfin, on note une dilatation et surtout une déformation importante de l'anneau (donc plutôt un type 1), qui est quasiment rond. Sur cette reconstruction tridimensionnelle de l'anneau en télésystole, les zones de restrictions paraissent en bleues, la zone prolabant (A2) est jaune. l'aorte est en haut, AL est la commissure antero-latérale.
En conclusion, si le mécanisme de cette volumineuse fuite n'est pas évident en ETT, c'est qu'il fait intervenir 3 notions difficiles à appréhender en 2D:
- la petite valve discrètement restrictive,
- le prolapsus dégénératif de A2, minoré par la traction exercée par le VG globuleux
- et la déformation de l'anneau.
Sur cette reconstruction 3D, on peut voir, dans le cadre en bas à droite, le petit carré bleu qui correspond au plan de l'anneau. Seul le A2 est au plan de l'anneau, le reste des feuillets sont en dessous, confirmant la restriction.
samedi 9 octobre 2010
Tako Tsubo c'est rigolo mais c'est salaud
Cette semaine, deux cardiomyopathies de stress ou syndrome de ballonisation apicale, ou encore Tako-Tsubo. La première, sans aucun antécédent cardiologique, est en choc cardiogénique, avec 5000 de bnp et une troponine à 5. La dysfonction est sévère, mais respecte la collerette basale :
Tako Tsubo from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Il s'agit d'une forme biventriculaire, avec la même ballonisation apicale du Ventricule droit et le segment basal respecté:
Untitled from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
L'atteinte VD concernerait 30% des Tako-tsubo dans la littérature, et dans cette étude prospective parut dans le JACC en 2006, il s'agit de forme plus sévères,souvent en insuffisance cardiaque. Si la mortalité n'est pas clairement plus élevée, les durées d'hospitalisation de ces formes biventriculaires sont plus longues.
Autre patiente, bilan d'infarctus cérébral dans les suites d'un stress : il s'agit d'une forme plus typique, mais cette fois avec un thrombus plan, mural, adhérant à la paroi septo-apicale. Le scanner confirme la présence du thrombus et l'absence de sténose sur le réseau coronaire.
Untitled from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Après contraste, la zone reste noire, réalisant de plus une épaisseur trop importante pour être la paroi:
Untitled from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Tako Tsubo from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Il s'agit d'une forme biventriculaire, avec la même ballonisation apicale du Ventricule droit et le segment basal respecté:
Untitled from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
L'atteinte VD concernerait 30% des Tako-tsubo dans la littérature, et dans cette étude prospective parut dans le JACC en 2006, il s'agit de forme plus sévères,souvent en insuffisance cardiaque. Si la mortalité n'est pas clairement plus élevée, les durées d'hospitalisation de ces formes biventriculaires sont plus longues.
Autre patiente, bilan d'infarctus cérébral dans les suites d'un stress : il s'agit d'une forme plus typique, mais cette fois avec un thrombus plan, mural, adhérant à la paroi septo-apicale. Le scanner confirme la présence du thrombus et l'absence de sténose sur le réseau coronaire.
Untitled from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Après contraste, la zone reste noire, réalisant de plus une épaisseur trop importante pour être la paroi:
Untitled from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
vendredi 20 août 2010
Oui mais alors, à quoi ça sert???
La presse l'été, c'est pire que la presse l'hiver... En dehors des sempiternels "l'immobilier à Paris, les vrais prix quartier par quartier" et "le classement des hôpitaux, les vrais prix quartier par quartier", on peut dévorer les numéros spéciaux audacieux du Point, du Nouvel Observateur et de l'Express sur des sujets aussi brulants que "les francs-maçons et le pouvoir", "les Français et les médicaments", et, top du top de la subversion, l'incontournable "spécial sexe : comment réveiller sa libido". (J'attends toujours le numéro "spécial sexe : comment les francs maçons français retrouve leurs libidos grâce au médicaments", qui, à n'en pas douter, serait au top des ventes).
Toutes les publications estivales ne sont pour autant pas aussi sédatives. Cet article majeur, signalé par grangeblanche, est la preuve indubitable de la nécessité de rester vigilant.
Dans la pré-publication de Circulation du 26/07/2010, cet article d'échocardiographie, hélas plus conventionnel, me réveille de la douce torpeur dans laquelle j'étais plongé :
Correlates of Echocardiographic Indices of Cardiac Remodeling Over the Adult Life Course: Longitudinal Observations From the Framingham Heart Study
Susan Cheng, Vanessa Xanthakis, Lisa M. Sullivan, Wolfgang Lieb, Joseph Massaro, Jayashri Aragam, Emelia J. Benjamin, and Ramachandran S. Vasan
Circulation. 2010;122:570-578; published online before print July 26 2010
Framingham, pour mes lecteurs Martiens, c'est cette étude "super-Loft" où l'on mesure la population d'une ville dans tous les sens depuis 1948, c'est grâce à tous les Framinghamiens que l'on sait que fumer une cigarette par jour représente une sur-risque de mortalité équivalent à celui d'écouter une chanson de Michel Sardou, soit 1.37 fois celui de traverser la rue devant une Austin mini.
Dans cet article, 4062 habitants d'environ 45 ans, (54% de femmes, il y a aussi des femmes à Framingham) ont étés suivi pendant 16 ans, avec une échographie cardiaque tous les quatre ans.
Figurez vous qu'avec l'âge, les diamètres du ventricule gauche diminuent, l'épaisseur des parois augmente, et la fraction de raccourcissement augmente. Big deal!, honnêtement, ce n'est pas un scoop, quand on est échographiste du club des joueurs des "chiffres et des lettres", on avait déjà une petit idée... On rajoute une mini insuffisance aortique et une mini insuffisance mitrale, une petite calcification postérieure de l'anneau, une oreillette gauche à 23 cm2 et le tour est joué, on obtient le compte rendu standard du service de gériatrie.
Mais il faut tenir bon. Le vrai scoop est à la fin, Madame Cheng s'y connait en thriller de l'été. En séparant la population en "groupe à risque" (que nous appellerons DOH! cri d'Omer Simpson et Diabète-Obésité-Hypertension) de "groupe sans facteur de risque" (que nous appellerons JST : jogging-thé-sudoku), on tire de précieux renseignements. Certes, chez les DOH comme chez les JST, l'épaisseur des parois du VG augmente avec l'âge. Mais le diamètre télédiastolique ne diminue pas autant qu'il le devrait, et la fraction de raccourcissement n'augment pas autant que chez les sujets JST.
Ce qui veux dire :
1- Que le remodelage concentrique serait une évolution physiologique liée à l'âge et pas nécessairement l'effet de l'hypertension
2- Que ne pas avoir de remodelage concentrique et d'augmentation de la fraction de raccourcissement pourrait-être une réponse anormale au vieillissement, liée au Diabète-Obésité-Hypertension, et pourrait donc être une première pierre à l'explication physiopathologique de l'insuffisance cardiaque à fonction VG conservée
3- Donc, avoir une échographie "normale" (sans remodelage concentrique) à plus de 50 ans serait mauvais signe…
Évidemment, cela pose plusieurs questions, et cette étude, comme le souligne les auteurs eux-même, est victime des "limites de sa puissance" : avoir tant de données rend complexe l'analyse d'autres éléments qui auraient pourtant été précieux : l'étude de la fonction diastolique, le suivie de la taille indexée de l'OG, les mesures de masse VG indexées etc…
Au delà de cette population, je me demande quelle importance donner aux études évaluant l'efficacité des anti-hypertenseurs sur les paramètres VG, et qui n'incluent pas de groupe contrôle, (une population NON hypertendue, et pas des hypertendus sous un autre "traitement de référence"…)
Pour finir, cet article de fin juillet pourrait bien être un véritable pavé dans la mare.
J'imagine déjà la suite : "Framingam, les vrais prix, quartier par quartier"...
Toutes les publications estivales ne sont pour autant pas aussi sédatives. Cet article majeur, signalé par grangeblanche, est la preuve indubitable de la nécessité de rester vigilant.
Dans la pré-publication de Circulation du 26/07/2010, cet article d'échocardiographie, hélas plus conventionnel, me réveille de la douce torpeur dans laquelle j'étais plongé :
Correlates of Echocardiographic Indices of Cardiac Remodeling Over the Adult Life Course: Longitudinal Observations From the Framingham Heart Study
Susan Cheng, Vanessa Xanthakis, Lisa M. Sullivan, Wolfgang Lieb, Joseph Massaro, Jayashri Aragam, Emelia J. Benjamin, and Ramachandran S. Vasan
Circulation. 2010;122:570-578; published online before print July 26 2010
Framingham, pour mes lecteurs Martiens, c'est cette étude "super-Loft" où l'on mesure la population d'une ville dans tous les sens depuis 1948, c'est grâce à tous les Framinghamiens que l'on sait que fumer une cigarette par jour représente une sur-risque de mortalité équivalent à celui d'écouter une chanson de Michel Sardou, soit 1.37 fois celui de traverser la rue devant une Austin mini.
Dans cet article, 4062 habitants d'environ 45 ans, (54% de femmes, il y a aussi des femmes à Framingham) ont étés suivi pendant 16 ans, avec une échographie cardiaque tous les quatre ans.
Figurez vous qu'avec l'âge, les diamètres du ventricule gauche diminuent, l'épaisseur des parois augmente, et la fraction de raccourcissement augmente. Big deal!, honnêtement, ce n'est pas un scoop, quand on est échographiste du club des joueurs des "chiffres et des lettres", on avait déjà une petit idée... On rajoute une mini insuffisance aortique et une mini insuffisance mitrale, une petite calcification postérieure de l'anneau, une oreillette gauche à 23 cm2 et le tour est joué, on obtient le compte rendu standard du service de gériatrie.
Mais il faut tenir bon. Le vrai scoop est à la fin, Madame Cheng s'y connait en thriller de l'été. En séparant la population en "groupe à risque" (que nous appellerons DOH! cri d'Omer Simpson et Diabète-Obésité-Hypertension) de "groupe sans facteur de risque" (que nous appellerons JST : jogging-thé-sudoku), on tire de précieux renseignements. Certes, chez les DOH comme chez les JST, l'épaisseur des parois du VG augmente avec l'âge. Mais le diamètre télédiastolique ne diminue pas autant qu'il le devrait, et la fraction de raccourcissement n'augment pas autant que chez les sujets JST.
Ce qui veux dire :
1- Que le remodelage concentrique serait une évolution physiologique liée à l'âge et pas nécessairement l'effet de l'hypertension
2- Que ne pas avoir de remodelage concentrique et d'augmentation de la fraction de raccourcissement pourrait-être une réponse anormale au vieillissement, liée au Diabète-Obésité-Hypertension, et pourrait donc être une première pierre à l'explication physiopathologique de l'insuffisance cardiaque à fonction VG conservée
3- Donc, avoir une échographie "normale" (sans remodelage concentrique) à plus de 50 ans serait mauvais signe…
Évidemment, cela pose plusieurs questions, et cette étude, comme le souligne les auteurs eux-même, est victime des "limites de sa puissance" : avoir tant de données rend complexe l'analyse d'autres éléments qui auraient pourtant été précieux : l'étude de la fonction diastolique, le suivie de la taille indexée de l'OG, les mesures de masse VG indexées etc…
Au delà de cette population, je me demande quelle importance donner aux études évaluant l'efficacité des anti-hypertenseurs sur les paramètres VG, et qui n'incluent pas de groupe contrôle, (une population NON hypertendue, et pas des hypertendus sous un autre "traitement de référence"…)
Pour finir, cet article de fin juillet pourrait bien être un véritable pavé dans la mare.
J'imagine déjà la suite : "Framingam, les vrais prix, quartier par quartier"...
jeudi 5 août 2010
L'endocardite, ça ose tout...
Une pneumopathie bilaterale fébrile avec des hémocultures à strepto D bovis qui s'aggrave sous antibiotiques, c'est un peu louche, et nos amis internistes demandent une echographie cardiaque. Le bon Dr Serfaty (toujours le même, master Yoda, en moins vert) trouve une végétation obstructive appendue à la face auriculaire de la grande valve mitrale.
Le gradient OG-VG est à 15 mmHg, la patiente termine l'examen assise en OAP, et termine la journée au bloc opértatoire.
Quand on fait des echographies au bloc, on est souvent confronté à la question bisyllabique préférée du chirurgien cardiaque : "alors?". Ce qui peut vouloir dire : "alors quelles sont les lésions?" mais aussi "alors c'est plastifiable?" ou encore "alors on met quoi comme prothèse?"
Après les réponses d'usage dans de telles situations (suggestion de présentation : "attends, on voit rien, arrête ton bistouri électrique, me stresse pas putain...") il faut bien donner une réponse...
Untitled from fish Nip echocardiographie on Vimeo.
Le gradient OG-VG est à 15 mmHg, la patiente termine l'examen assise en OAP, et termine la journée au bloc opértatoire.
Quand on fait des echographies au bloc, on est souvent confronté à la question bisyllabique préférée du chirurgien cardiaque : "alors?". Ce qui peut vouloir dire : "alors quelles sont les lésions?" mais aussi "alors c'est plastifiable?" ou encore "alors on met quoi comme prothèse?"
Après les réponses d'usage dans de telles situations (suggestion de présentation : "attends, on voit rien, arrête ton bistouri électrique, me stresse pas putain...") il faut bien donner une réponse...
L'endocardite présente de nombreuses similitudes avec les dégats des eaux. Au début, on constate une petite fuite. Quelques gouttes. Wait and see (on sait jamais, si ça s'arrête tout seul...). Ca s'aggrave, on appelle le plombier qui siffle et dit "oulalala, ils sont vieux ces tuyaux!". Il gratte avec une petite spatule, le mur s'effondre et la fuite devient énorme, il change le tuyau qui pète pendant la manoeuvre (ben oui, il est vieux!), et qui tombe sur le carrelage, le carrelage se casse, et tout la salle de bain est à refaire.
Petite OG (pas bon pour la plastie), grosse végétation bien adhérante à la grande valve mitrale, on décide de partir sur une bioprothèse d'emblée et voilà ce que le chirurgien ramène, sans que l'on ne l'ai décelé ni en ETT, ni en ETO :
L'appareil sous valvulaire est completement mité, avec à gauche de la photo des végétations sur la tête du pilier jusqu'à la valve, et à droite la végétation (partie émergée de l'iceberg...)
Refaire la salle de bain, c'est un peu cher mais c'est plus propre...
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